Groupe Abbatiello refuse une offre de rachat
La famille derrière Pizza Salvatoré conserve le contrôle de son groupe de 275 restaurants et vise un milliard de dollars de ventes en 2029.
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Le Groupe Abbatiello, franchiseur derrière Pizza Salvatoré et plusieurs autres bannières de restauration, a refusé une offre de rachat après plusieurs mois de discussions familiales. Selon les informations rapportées le 2 novembre 2026 par L’Express Franchise, qui reprend une entrevue d’Élisabeth Abbatiello au Devoir, la famille conserve les commandes de ses 275 établissements et maintient son objectif d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires d’ici la fin de 2029.
Une vente écartée malgré une majorité favorable
L’offre a provoqué un véritable débat entre les cinq frères et sœurs actionnaires. Trois souhaitaient vendre, tandis que deux préféraient poursuivre l’aventure familiale. Les échanges ont duré de trois à quatre mois avant que la décision de conserver le groupe soit arrêtée.
Ni l’identité de l’acheteur potentiel ni le montant proposé n’ont été dévoilés. Il n’est donc pas possible d’en tirer une valorisation du groupe ou de comparer cette proposition à d’autres transactions dans la communauté de la franchise.
Élisabeth Abbatiello, vice-présidente aux communications, a livré ces éléments dans l’entrevue publiée par Le Devoir le 2 novembre. Le refus ne correspond pas à un abandon des ambitions de croissance : la famille continue de viser une forte expansion de son réseau. Il distingue plutôt deux choix qui auraient pu être confondus, soit développer l’entreprise et en céder le contrôle.
L’unanimité, règle décisive de la gouvernance
La décision s’explique par la convention qui encadre les relations entre les cinq actionnaires. Chacun dispose d’une voix, indépendamment du nombre d’actions qu’il possède. Les décisions courantes sont prises à la majorité, mais la vente du groupe et une inscription en Bourse nécessitent l’unanimité.
Une majorité de trois voix sur cinq ne suffisait donc pas à autoriser la transaction. Cette règle donne à chaque membre de la fratrie la capacité de bloquer une vente, même lorsque les autres souhaitent aller de l’avant.
La convention prévoit également que les cinq actionnaires consacrent leur temps, leurs efforts et leurs investissements au Groupe Abbatiello, sans projet d’affaires parallèle. Ces dispositions décrivent un modèle de propriété dans lequel l’engagement familial et le contrôle collectif occupent une place centrale.
Pour les franchisés, le résultat immédiat de cette décision est le maintien du contrôle familial. Cela ne permet toutefois pas de conclure que toutes les orientations commerciales ou les modalités d’exploitation resteront inchangées : le refus d’une vente porte sur la propriété du groupe, et non sur chacun de ses choix futurs.
Un portefeuille élargi et des objectifs ambitieux
L’entreprise tire ses origines d’une pizzeria ouverte en 1964 à Saint-Georges, en Beauce. Selon le décompte du Devoir repris par L’Express Franchise, elle réunit désormais 275 établissements.
Son portefeuille comprend Pizza Salvatoré, TOPLA!, Jack le Coq, L’Œufrier et Crèmerie chez Mamie. Papa Sandwich et Shaker Cuisine & Mixologie s’y sont ajoutés en l’espace de six mois. Le groupe rassemble ainsi des concepts de pizza, de poulet frit, de déjeuners, de crème glacée, de sandwichs et de restauration-bar.
La fratrie affiche maintenant une cible de 100 ouvertures de restaurants par année. Elle vise aussi un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars d’ici la fin de 2029. Ces deux chiffres sont des objectifs annoncés, et non des résultats déjà atteints.
L’enjeu pour les candidats à la franchise est donc de distinguer la taille actuelle du réseau de sa trajectoire souhaitée. Le maintien des propriétaires et la diversification des bannières constituent des faits établis; le rythme futur des ouvertures reste une ambition à suivre.
Ce que les franchisés doivent retenir
Cette annonce met en lumière un aspect parfois moins visible d’un réseau : les règles de décision de son franchiseur. Dans le cas du Groupe Abbatiello, la convention entre actionnaires a déterminé l’issue d’une proposition de rachat pourtant soutenue par une majorité de la fratrie.
Pour un franchisé ou un candidat, connaître les propriétaires ne suffit donc pas toujours à comprendre comment une décision structurante sera prise. La gouvernance mérite aussi d’être abordée dans les échanges avec une enseigne.
À retenir : la famille Abbatiello reste aux commandes. Avant de s’engager, un candidat devrait distinguer les résultats du réseau de ses objectifs de croissance et demander comment ses règles de gouvernance peuvent influencer son développement.



