Body Minute : dix demandes de requalification aux prud’hommes
Dix franchisés et ex-franchisés contestent leur statut d’indépendant devant les prud’hommes de Paris. Le délibéré est fixé au 14 décembre.
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Dix franchisés et anciens franchisés de Body Minute ont demandé, le 29 octobre 2026 devant le conseil de prud’hommes de Paris, la requalification de leur contrat de franchise en contrat de travail. Selon le compte rendu de l’AFP, ils contestent le contrôle exercé par JCDA, maison mère de l’enseigne d’esthétique. La défense rejette leurs accusations. L’affaire a été mise en délibéré au 14 décembre pour ces dix dossiers.
Dix dossiers examinés, cinq autres attendus en décembre
La procédure avait été engagée en début d’année contre JCDA. Dans l’assignation consultée par l’AFP, les requérants estimaient que les conditions et obligations imposées par le franchiseur dépassaient le cadre applicable à un contrat de franchise. Leur demande consiste à faire reconnaître une relation de travail salarié, plutôt que le statut d’entrepreneur indépendant prévu par leur contrat.
Sept des dix requérants dont les dossiers ont été examinés ne font plus partie du réseau. Pour eux, leurs avocats réclament également l’application de « l’équivalent d’un licenciement », avec les indemnités correspondantes, ont-ils expliqué à l’AFP. La contestation porte donc à la fois sur la nature de la relation contractuelle et, pour ces anciens membres, sur les conséquences de sa rupture.
Trois plaignants étaient présents à l’audience du 29 octobre. En raison du nombre de requérants, seuls dix des quinze dossiers ont été examinés ce jour-là. Les cinq autres doivent faire l’objet d’une seconde audience, prévue le 17 décembre 2026. Les deux échéances sont distinctes : le délibéré annoncé pour les dix premiers dossiers précède l’examen des cinq suivants.
Les requérants dénoncent un contrôle de leur activité
À l’audience, Me Tiphanie Bauchet, du cabinet Goldwin, a mis en avant un « lien de subordination ». L’avocate des plaignants a dénoncé un système de contrôle et de pointage qu’elle considère incompatible avec l’indépendance des franchisés concernés.
Selon ses déclarations rapportées par l’AFP, ce contrôle porterait notamment sur le comportement et la tenue vestimentaire des franchisés. Elle a également affirmé que les propos tenus devant les clientes étaient dictés par la maison mère. Ces éléments sont présentés par les requérants à l’appui de leur demande de requalification ; ils ne constituent pas, à ce stade du compte rendu de l’audience, des constatations judiciaires.
Interrogée en marge de l’audience, Soraya Ouas, présidente du collectif à l’origine de la procédure, a elle aussi évoqué des injonctions, des ordres et des contrôles fréquents. Elle a également dénoncé des humiliations qui auraient été diffusées à l’ensemble du réseau. Ces accusations sont contestées par la défense.
La défense invoque l’accompagnement propre à la franchise
Les avocates du président et fondateur de Body Minute, Jean-Christophe David, défendent une lecture opposée de la relation entre l’enseigne et ses franchisés. Me Ingrid Zafrani a qualifié les accusations de mal fondées et estimé qu’assimiler cette relation à du salariat revenait à méconnaître le contrat de franchise.
Me Isabelle Marcus Mandel a, pour sa part, cité l’assistance, la formation, l’accompagnement, le savoir-faire et le manuel d’exploitation. Selon elle, ce sont précisément ces composantes du fonctionnement en franchise que les requérantes présentent comme des atteintes à leur liberté.
Absent de l’audience, Jean-Christophe David avait déjà fermement démenti les accusations en début d’année. Il affirmait alors que « 95 % » des franchisées étaient « très contentes ». Ce chiffre relève de sa déclaration, et non d’un constat établi par le conseil de prud’hommes.
Une décision à suivre pour la communauté de la franchise
Ce contentieux place au premier plan deux interprétations des mêmes relations de réseau : les requérants dénoncent une subordination, tandis que la défense invoque la transmission et l’application d’un concept accompagné. Aucune requalification n’est annoncée dans le compte rendu de cette audience : les demandes restent soumises à la décision des juges.
L’AFP rapporte par ailleurs que le nombre d’instituts Body Minute est passé de 465 en 2023 à 435 en 2024, puis à 425 en 2025. L’enseigne ne détient que 30 boutiques, les autres étant exploitées en franchise. Ces données décrivent un réseau largement porté par des indépendants, sans établir de lien entre l’évolution du parc et la procédure.
À retenir en pratique : pour les membres de la communauté de la franchise, ce dossier invite à examiner concrètement les obligations, les contrôles et l’accompagnement prévus dans leur relation contractuelle, sans anticiper l’issue du délibéré du 14 décembre.



