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Franchiser au Canada : encadrer la cession d’une franchise

Préparez la revente d’une future franchise dès le premier contrat : agrément, information du repreneur et transfert des responsabilités.

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Franchiser au Canada : encadrer la cession d’une franchise

Transformer votre entreprise en franchise suppose aussi de prévoir le départ éventuel d’un franchisé. Retraite, changement familial ou vente de l’entreprise : une cession bien encadrée protège la continuité des établissements et la confiance dans votre communauté de franchise. Avant de signer votre premier contrat, définissez comment un futur repreneur sera évalué, informé et accompagné jusqu’au transfert.

1. Définir ce qui constitue une cession

La vente d’un établissement n’est pas la seule opération à envisager. Un franchisé peut vendre les actifs de son entreprise, céder les actions de sa société ou faire entrer un nouvel associé qui en prend le contrôle. Ces opérations n’ont pas les mêmes conséquences juridiques, fiscales ou contractuelles.

Demandez à votre avocat de préciser dans le contrat les événements soumis à votre consentement. Prévoyez aussi le traitement des réorganisations internes, des transferts familiaux et du décès ou de l’incapacité du propriétaire. Une procédure simplifiée peut être pertinente dans certaines situations, sans supprimer les vérifications nécessaires.

Distinguez trois décisions : autoriser la transaction, accepter le repreneur comme franchisé et déterminer le contrat qui régira la relation après la vente. L’autorisation de vendre ne devrait pas laisser ces deux dernières questions en suspens.

Évitez notamment de promettre au vendeur que son acheteur bénéficiera automatiquement des mêmes conditions. Le maintien du contrat existant ou la signature d’un nouveau contrat doit être clarifié avant que les parties arrêtent leurs engagements.

2. Prévoir un agrément transparent et proportionné

Votre objectif n’est pas de choisir le prix de revente à la place du franchisé. Il consiste à vérifier que le repreneur pourra exploiter l’établissement conformément aux exigences de votre communauté.

Établissez une grille d’agrément portant sur des éléments observables :

  • les ressources financières disponibles après l’acquisition;
  • l’expérience de gestion et la disponibilité du repreneur;
  • la réussite de la formation exigée avant la prise de possession;
  • la capacité à obtenir les permis et consentements nécessaires;
  • la compréhension des obligations contractuelles.

Indiquez les documents à remettre, la personne responsable de l’analyse et les étapes de décision. Fixez un délai de traitement réaliste, calculé à partir de la réception d’un dossier complet. Documentez les motifs d’un refus plutôt que de vous reposer sur une formule générale de « pouvoir discrétionnaire ».

Précisez également les frais de transfert éventuels et ce qu’ils couvrent. Ne découvrez pas, au moment d’une vente, que votre contrat ne prévoit ni l’évaluation du candidat ni sa formation. Toute facturation doit respecter les engagements applicables et les obligations légales d’information.

3. Vérifier les obligations d’information du repreneur

Au Canada, une revente ne dispense pas automatiquement le franchiseur de ses obligations précontractuelles. Le cadre dépend de la province et du rôle joué par le franchiseur dans l’opération.

Par exemple, la Loi sur les franchises du Manitoba et son règlement imposent, sous réserve des exceptions applicables, la remise d’un document d’information au moins 14 jours avant la signature du contrat ou le paiement visé par la loi. En Ontario, la Loi Arthur Wishart de 2000 sur la divulgation relative aux franchises prévoit également un régime de divulgation précontractuelle.

Des dispenses peuvent concerner certaines cessions réalisées par un franchisé pour son propre compte. Leurs conditions doivent toutefois être vérifiées : l’intervention du franchiseur, les liens entre les parties et la structure de l’opération peuvent modifier l’analyse. Ne présumez ni que votre simple consentement impose toujours une nouvelle divulgation, ni qu’une vente entre franchisés l’exclut nécessairement.

Au Québec, aucune loi particulière n’impose un document d’information sur les franchises selon ce modèle. Le Code civil du Québec, notamment les règles relatives à la bonne foi, au consentement et aux contrats, demeure applicable. L’absence de document prescrit ne permet pas de taire une information déterminante.

Faites donc valider le parcours juridique avant toute signature ou tout versement. Cette vérification doit porter aussi sur les ententes préliminaires et les acomptes envisagés.

4. Organiser un transfert sans responsabilités oubliées

Préparez une liste de clôture commune au franchiseur, au vendeur et au repreneur. Elle doit attribuer chaque tâche à un responsable et préciser la preuve attendue : consentement du bailleur, assurances, permis, formation, inventaire, accès informatiques et autorisation d’utiliser la marque.

Réglez explicitement le sort des sommes dues, des garanties personnelles et des obligations qui survivent à la vente. Le vendeur ne doit pas supposer qu’une cession le libère automatiquement de tous ses engagements. Prévoyez également le traitement des cartes-cadeaux, commandes en cours et données clients, dans le respect des règles de protection des renseignements personnels.

À retenir : avant votre première franchise, faites préparer une clause de cession, une grille d’agrément et une liste de clôture. Ces trois outils rendront une future revente plus prévisible, sans remplacer l’examen juridique propre à chaque transaction.

Sources

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