Franchiser au Canada : anticiper les permis d’exploitation
Avant de franchiser votre entreprise, identifiez les permis de chaque établissement et répartissez clairement les démarches et responsabilités.
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Votre entreprise fonctionne déjà avec les autorisations nécessaires. Cela ne signifie pas qu’un franchisé pourra ouvrir ailleurs avec les mêmes documents. Pour développer une communauté de franchise au Canada, il faut transformer les démarches accomplies pour votre établissement en un processus reproductible, sans présumer que les exigences seront identiques d’une municipalité à l’autre.
1. Distinguer les autorisations de l’entreprise et du local
Commencez par inventorier les permis, inscriptions et autorisations utilisés par votre entreprise actuelle. Pour chacun, relevez l’autorité compétente, le titulaire, l’activité autorisée, l’adresse visée, les conditions particulières et l’échéance éventuelle.
Cette analyse permet de séparer trois catégories :
- Les obligations liées à l’exploitant, comme certaines inscriptions de l’entreprise ou qualifications professionnelles, selon l’activité.
- Les autorisations liées aux activités, par exemple celles pouvant concerner la préparation d’aliments ou la vente d’alcool.
- Les autorisations liées au lieu, notamment celles pouvant toucher l’usage des locaux, les travaux, l’occupation ou l’affichage.
Ces exemples ne constituent pas une liste universelle. Les exigences dépendent de l’activité et des autorités concernées. Un permis délivré à votre société pour votre adresse ne couvre pas automatiquement une société indépendante installée ailleurs.
Créez une fiche par autorisation. Ajoutez une question essentielle : peut-elle être transférée, ou le nouvel exploitant doit-il déposer sa propre demande? Faites confirmer la réponse par l’autorité compétente plutôt que de vous fier à une pratique passée.
2. Relier cet inventaire à l’information précontractuelle
Au Canada, la réglementation propre aux franchises relève des provinces. Les obligations de divulgation ne doivent donc pas être traitées comme une formalité nationale uniforme.
En Ontario, la Loi Arthur Wishart de 2000 sur la divulgation relative aux franchises impose notamment la remise d’un document d’information au moins 14 jours avant la signature ou le paiement visé par la loi, sous réserve des exceptions applicables. Son règlement, le Règl. de l’Ont. 581/00, Dispositions générales, exige une description de chaque permis, inscription, enregistrement, autorisation ou autre permission que le franchisé doit obtenir en vertu d’une loi fédérale ou provinciale ou d’un règlement municipal pour exploiter la franchise.
Une simple phrase indiquant que « le franchisé est responsable de tous les permis » ne remplace donc pas cette description réglementaire. Faites vérifier que l’information correspond aux activités réellement proposées et au lieu envisagé.
Au Manitoba, la Loi sur les franchises et le Règlement sur les franchises, R.M. 29/2012, encadrent également l’information précontractuelle. Avant de développer votre communauté dans une autre province, faites examiner les exigences locales plutôt que de réutiliser automatiquement votre dossier ontarien.
Enfin, distinguez divulgation et autorisation administrative : en Ontario, le gouvernement n’approuve ni les franchiseurs ni leurs documents d’information. Un dossier de divulgation ne vaut pas permis d’exploiter.
3. Répartir les démarches avant de promettre une ouverture
Pour chaque autorisation, attribuez quatre fonctions : préparer la demande, la déposer, payer les frais et conserver la preuve. Le franchiseur peut fournir des plans ou des descriptions techniques; le franchisé peut devoir déposer la demande en son propre nom. Cette répartition doit correspondre aux règles de l’autorité concernée.
Consignez ensuite les dépendances. Une demande peut nécessiter des plans finalisés, une inspection ou la réalisation préalable de travaux. Votre calendrier d’ouverture doit tenir compte de ces étapes sans présenter un délai administratif estimé comme une garantie.
Avant d’annoncer une date, vérifiez notamment :
- si l’activité envisagée est permise à l’emplacement choisi;
- quels documents techniques doivent accompagner les demandes;
- quelles inspections sont nécessaires avant l’accueil du public;
- qui décide de reporter l’ouverture lorsqu’une autorisation manque.
Le contrat devrait préciser les responsabilités et les conséquences d’un retard ou d’un refus, après examen juridique. Évitez de promettre l’obtention d’une autorisation qui dépend d’une décision publique.
4. Tester le processus, puis suivre les échéances
Utilisez votre établissement existant pour reconstituer le parcours administratif : demandes, échanges, inspections et conditions imposées. Ce travail révèle souvent des étapes que le fondateur avait réglées personnellement, sans en conserver une méthode transmissible.
Testez ensuite la grille pour une autre municipalité. L’objectif n’est pas de demander prématurément tous les permis, mais de vérifier quelles démarches changent et quelles questions restent ouvertes.
Après l’ouverture, conservez un registre des échéances et des conditions de maintien. Prévoyez une vérification lorsqu’un établissement modifie ses activités, ses locaux ou son exploitant : ces changements peuvent nécessiter de nouvelles démarches.
À retenir : avant de proposer une franchise, préparez une matrice des autorisations indiquant le titulaire, le responsable, les pièces nécessaires et les échéances. Faites-la valider pour chaque implantation : votre expérience initiale constitue un point de départ, pas une permission valable partout.
Sources
- Guide sur la Loi sur les franchises et son règlement pour ...
- Franchising information for buyers and owners
- www.mccarthy.ca · fr · referencesDroit des franchises : Faire des affaires au Canada 2026
- Exploiter une franchise
- Règlement sur les franchises, R.M. 29/2012
- Arthur Wishart de 2000 sur la divulgation relative aux ...
- Règl. de l'Ont. 581/00: DISPOSITIONS GÉNÉRALES"
- Manières de commercialiser votre idée



