Taux à 2,5 % : les franchisés face au coût du crédit
La hausse du taux directeur renchérit le financement variable. Pour les franchisés, les prévisions de trésorerie méritent une révision.
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La hausse du taux directeur de la Banque du Canada remet le financement à l’ordre du jour dans la communauté de la franchise. Le 28 octobre 2026, la banque centrale a porté son taux cible du financement à un jour de 2,25 % à 2,5 %. Pour les franchisés qui utilisent du crédit à taux variable, cette décision signifie une facture d’intérêts potentiellement plus élevée, au moment où les coûts d’approvisionnement restent sous pression.
Un quart de point qui compte dans les budgets
Selon le compte rendu publié le 29 octobre par L’Express Franchise, il s’agit de la première hausse du taux directeur en trois ans, après une succession de baisses et de maintiens. Le taux officiel d’escompte atteint pour sa part 2,75 %.
La Banque du Canada explique sa décision par la persistance des prix élevés de l’énergie. Elle cherche à empêcher que ces pressions se diffusent davantage aux autres biens et services. Son prochain rendez-vous de politique monétaire est fixé au 9 décembre 2026.
Pour un exploitant franchisé, le taux directeur n’est pas le taux facturé sur son prêt commercial. Il influence toutefois le taux préférentiel des institutions financières, auquel certains financements sont rattachés. Selon La Presse, citée par L’Express Franchise, le taux préférentiel doit lui aussi augmenter de 25 points de base.
Les marges de crédit et les prêts commerciaux à taux variable sont donc les premiers financements concernés. Les emprunts à taux fixe déjà signés ne changent pas du fait de cette décision.
Quel effet sur un prêt commercial?
L’ordre de grandeur présenté par L’Express Franchise est simple : une hausse de 0,25 point de pourcentage représente environ 250 dollars d’intérêts supplémentaires par année pour chaque tranche de 100 000 dollars empruntés. Sur un prêt de 500 000 dollars, le supplément atteint environ 1 250 dollars annuellement.
Ce calcul constitue un repère, non une nouvelle échéance identique pour tous les emprunteurs. Il suppose que la hausse est intégralement répercutée sur le taux du prêt et appliquée au montant considéré pendant une année. Le coût réel dépend notamment du solde financé et des modalités contractuelles.
La question touche plusieurs usages du crédit dans un établissement franchisé : investissement de départ, achat d’équipements ou travaux de rénovation. Avant de modifier un budget, l’exploitant a donc intérêt à distinguer les engagements à taux fixe des dettes à taux variable, puis à vérifier leur mécanisme d’ajustement auprès du prêteur.
D’autres hausses envisagées, mais pas acquises
La banque centrale indique qu’il pourrait être nécessaire d’aller plus loin, tout en affirmant vouloir agir avec prudence. Cette orientation ne constitue pas un calendrier ferme de relèvements.
Les économistes d’iA Groupe financier et de la Banque Royale prévoient néanmoins trois hausses supplémentaires de 25 points de base, rapporte La Presse dans le compte rendu repris par L’Express Franchise. Ce scénario porterait le taux directeur à 3,5 %. Il s’agit d’une prévision, et non d’une décision annoncée par la Banque du Canada.
Pour un candidat à la franchise qui prépare son financement, cette distinction est essentielle. Tester un projet avec un taux directeur à 3,5 % permet d’examiner sa résistance à un crédit plus coûteux. La simulation doit toutefois utiliser le taux commercial correspondant proposé par l’institution financière, plutôt que confondre taux directeur et taux d’emprunt.
Le financement n’est pas la seule pression à surveiller
La Banque du Canada prévoit une inflation d’environ 3,5 % d’ici la fin de 2026, puis de 3 % en moyenne en 2027, avant un retour à 2 % au milieu de 2028. Ses enquêtes indiquent aussi que les entreprises comptent transmettre davantage leurs hausses de coûts à leur clientèle au cours de la prochaine année.
Le carburant, le transport et les intrants industriels figurent parmi les postes cités. Pour les franchisés, ces perspectives invitent à examiner ensemble les frais financiers et les hypothèses d’approvisionnement, sans présumer d’une hausse uniforme chez tous les fournisseurs.
Deux échéances permettront de réévaluer ces hypothèses : l’annonce du 9 décembre 2026 et le Rapport sur la politique monétaire prévu le 27 janvier 2027.
À retenir : avant de signer un financement ou de lancer des travaux, demander une simulation actualisée au prêteur et vérifier que la trésorerie peut absorber un scénario de taux plus élevés.



