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Acheter une franchise au Canada : prévoir sa trésorerie

Calculez les liquidités nécessaires au démarrage, testez vos hypothèses et préparez votre financement avant d’acheter une franchise.

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Acheter une franchise au Canada : prévoir sa trésorerie

Le prix d’achat d’une franchise ne représente pas tout l’argent nécessaire pour démarrer. Entre les dépenses de préparation et les premières recettes, votre entreprise peut manquer de liquidités malgré un potentiel intéressant. Avant de rejoindre une communauté de franchise au Canada, construisez un budget de trésorerie qui répond à une question précise : combien devrez-vous financer avant que l’exploitation puisse payer ses propres dépenses?

1. Distinguer l’investissement initial du besoin de liquidités

Commencez par classer chaque sortie d’argent selon sa date de paiement, plutôt que de vous limiter à un total d’investissement. Un équipement rentable sur plusieurs années doit parfois être payé avant l’ouverture, alors que les ventes arrivent progressivement.

Votre calendrier devrait notamment comprendre :

  • le droit d’entrée et les honoraires juridiques et comptables;
  • les travaux, les équipements, les logiciels et leurs dépôts;
  • les permis, les assurances et les stocks de départ;
  • la formation, les déplacements et les salaires avant l’ouverture;
  • la publicité de lancement et les frais de recrutement;
  • les dépenses courantes jusqu’à l’équilibre de trésorerie.

Séparez les sommes confirmées par devis des estimations. Pour chaque montant, indiquez les taxes applicables, l’échéance et les conditions de remboursement éventuel. Les crédits ou remboursements de taxes peuvent réduire le coût final sans éliminer le besoin de liquidités au moment du paiement.

Gardez aussi une réserve personnelle distincte. Votre logement et vos dépenses familiales continuent d’exister même si la franchise ne peut pas encore vous verser une rémunération.

2. Construire un prévisionnel fondé sur les encaissements

Préparez un tableau mensuel couvrant le démarrage et un cycle saisonnier complet. Affinez les premières semaines lorsque les paiements sont particulièrement concentrés. Le solde de départ, les encaissements et les décaissements doivent permettre de calculer le solde final de chaque période.

Ne confondez pas ventes et argent disponible. Une vente à crédit peut être encaissée plus tard; les plateformes de livraison et les prestataires de paiement peuvent appliquer leurs propres délais et retenues.

Du côté des dépenses, intégrez les achats, la paie, les charges sociales, les assurances, les services publics et les versements fiscaux. Ajoutez les redevances, les contributions publicitaires et les frais technologiques prévus au contrat. Vérifiez leur assiette : une redevance calculée sur le chiffre d’affaires peut rester payable même lorsque l’établissement perd de l’argent.

Inscrivez également le remboursement du capital des prêts, pas seulement les intérêts. Le capital remboursé réduit votre trésorerie sans constituer une charge dans le calcul du bénéfice.

Faites valider les hypothèses par un comptable indépendant. Des échanges avec plusieurs franchisés comparables peuvent éclairer les délais de démarrage, sans garantir vos résultats.

3. Tester les retards et les ventes décevantes

Un scénario central ne suffit pas. Construisez aussi un scénario prudent combinant des ventes plus lentes, une ouverture retardée et des dépenses supérieures aux devis initiaux.

Demandez-vous notamment :

  • Quels paiements restent exigibles si l’ouverture est reportée?
  • À quel niveau de ventes l’exploitation couvre-t-elle ses sorties courantes?
  • Quelle rémunération pouvez-vous réellement vous verser?
  • Une réparation ou un remplacement de personnel épuiserait-il la réserve?

Repérez le point le plus bas du solde de trésorerie. Ce déficit maximal, augmenté d’une marge de sécurité justifiée par les risques identifiés, aide à dimensionner le financement nécessaire. Il n’existe pas de réserve universelle adaptée à toutes les franchises.

Définissez ensuite votre limite : si le scénario prudent nécessite davantage de capitaux que vous ne pouvez mobiliser sans fragiliser votre foyer, revoyez le projet avant de vous engager.

4. Adapter chaque financement à son usage

Présentez au prêteur un dossier comprenant vos devis, votre apport, vos prévisions et les hypothèses qui les soutiennent. Distinguez les besoins durables, comme l’équipement, des décalages temporaires d’encaissement.

Demandez quels postes sont admissibles au financement. Ne présumez ni que le droit d’entrée sera financé, ni qu’il sera systématiquement exclu : les politiques et les produits varient selon le prêteur.

Vérifiez les conditions de décaissement, les garanties personnelles, les sûretés, les frais et les obligations financières. Une approbation conditionnelle ne signifie pas que les fonds sont immédiatement disponibles. Prévoyez aussi l’effet d’une hausse des intérêts si votre emprunt comporte un taux variable.

5. Respecter le calendrier juridique avant de payer

Les règles relatives aux franchises relèvent principalement des provinces; il n’existe pas de loi fédérale générale sur la divulgation des franchises.

En Ontario, la Loi Arthur Wishart de 2000 sur la divulgation relative aux franchises impose généralement la remise du document d’information au moins 14 jours avant la signature d’un accord relatif à la franchise ou le paiement d’une contrepartie, sous réserve des exceptions légales. Elle prévoit également une obligation d’agir équitablement et protège le droit d’association des franchisés.

Au Québec, aucune loi spécifique aux franchises n’impose un régime équivalent. Le Code civil du Québec, notamment ses règles relatives à la bonne foi, aux contrats et au consentement, s’applique. Faites vérifier les règles de votre province et tout dépôt envisagé par un avocat indépendant.

À retenir : ne vous engagez qu’après avoir chiffré le déficit maximal, confirmé la disponibilité des fonds et protégé votre réserve personnelle.

Sources

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